Le 26 février 2018 j’atterrissais avec Monsieur Angélique-Trips sur ta Old Airport Road. Cette arrivée marquait le point de départ de 2 mois qui promettaient d’être riches en souvenirs.

Nous sommes arrivés quelques jours avant le début du Snowking’s Winter Festival histoire de prendre nos marques et de faire connaissance avec toi. Tout de suite nous t’avons trouvé quelque chose de spécial: la simplicité de tes habitants. Tu sais, nous venions de passer 2 mois dans le Yukon où en plus des -30, l’attitude des gens nous semblait glaciale. Yellowknife en un rien de temps, tu venais de me conquérir (il ne me faut pas grand chose).

Les jours et semaines ont passé. Emerveillée comme une gosse de 5 ans j’étais devant cette immensité de glace. Je suis et je reste bouchée-bée devant tes Iceroads. C’est absolument incroyable. Merci pour m’avoir offert un spectacle (son et) lumière quasiment chaque soir dès mon arrivée : les aurores boréales qui font de toi encore plus incroyable que tu ne l’es. Grâce à toi, Yellowknife, j’ai rapidement compris ce que l’on appelle « Le Grand Nord Canadien ». Je me suis rendue compte que je l’aimais vraiment. Je ne sais pas comment l’expliquer mais cette ambiance hivernale début printanière rend l’atmosphère bien particulière. Je crois qu’il faut le vivre pour le comprendre.

De nouveau les jours et semaines ont passé. Entre-temps, grâce à toi et à la particularité de ton pays, Monsieur Angélique-Trips a réussi à décrocher l’opportunité dont il rêvait temps. Grâce à toi Yellowknife : il est en train de vivre son rêve Canadien. Moi pendant ce temps-là, c’est tout autre chose… Est-ce que tu te rends compte combien il est difficile pour un immigré de se faire une place professionnellement parlant « notable » dans ta ville ? Je ne compte même plus les CV que j’ai envoyés et qui sont restés sans réponse. Ils disaient à Paris et ailleurs : « Vous verrez : Yellowknife c’est hyper simple pour trouver du boulot. » : menteurs ! Yellowknife, pourquoi tu ne m’as pas rapidement mis au fait de ton système de priorité ? Pourquoi certaines organisations francophones de ta ville font autant de promo’ sur toi mais finalement ne jouent pas le jeu une fois que tu les rencontres ? De toi à moi : certaines m’ont particulièrement déçues.
Au bout d’un certain temps j’ai fini par me faire une raison : j’aurais vraiment du mal à me faire « une place » parmi tous ces professionnels. J’ai jeté l’éponge car mon temps est compté tu sais… Je t’aime mais je n’ai pas de temps à perdre si je veux retourner d’où je viens avec une expérience significative dans mon domaine. J’ai jeté l’éponge et fini par atterrir chez eux : magasin sportif familial. Tu sais que malgré les journées parfois longues et ennuyeuses j’y ai trouvé une équipe merveilleuse ? Ils me manquent et je pense souvent à eux avec nostalgie.

Les beaux jours sont arrivés. J’ai fait connaissance avec ton Farmers Market. La tarte aux blueberries de Saskatoon, me manque à un point inimaginable ! Les beaux jours sont arrivés et j’ai vu une autre facette de toi : si l’on te côtoie sans voiture, on se rend rapidement compte que tu es vraiment-vraiment-vraiment localisé loin de tout. Rapidement cet éloignement est devenu un cauchemar pour moi. Est-ce que tu sais que lorsque tu veux louer une voiture de location tu n’as le droit qu’à 350kms pour la semaine. Où veux-tu que j’aille avec si peu de kilomètres ? C’est tellement dommage… Alors bon ! Ils te diront tous « trouve-toi un ami qui a une cabine pour en profiter le week-end » : est-ce que tu penses vraiment que je vais aller accoster un gars et lui dire « tu veux être mon ami car je sais que tu as une cabine sur Ingraham Trail ? Non ! ». Et puis, de toi à moi : est-ce que tu peux proposer à ton maire de rendre ton activité économique plus attrayante ? Parce-que bon quand tu as fait le Birchwood, le Bullock’s, etc… Tu tournes vite en rond.

Heureusement, tu as un charme bien à toi. Tu as cette façon de faire comprendre à tes habitants qu’en étant chez toi, ils peuvent vivre avec légèreté. Tu ne devineras jamais ô combien j’ai aimé faire mes running le long de Frame Lake ou encore de prendre mon vélo et aller sillonner tes rues. Un de mes moments coups de cœur a été ce fameux week-end où nous avons pris le canoë et sommes allés chatouiller les houseboat et pique-niquer sur une de tes nombreuses îles.

Peut-être que c’est tout ça toi finalement : regrouper les choses simples de la vie. Peut-être que finalement ton but est de rappeler à chacun combien il est important de profiter des choses simples. Je le comprends peut-être trop tard, une fois partie. Mais sois en sûre Yellowknife : je t’aime autant que je te déteste mais je reviendrais car tu m’as laissé quelque chose d’inexplicable.

 

3