coucher de soleil à Yellowknife

Je partais sereine et avec plutôt une bonne idée de ce qui allait m’attendre. Je partais en sachant que le Canada n’est pas un eldorado, que le choc culturel j’allais le connaître et que j’allais, surtout, en prendre plein la vue avec les paysages plus spectaculaires les uns que les autres. Mes (nos) objectifs étaient de découvrir des provinces/territoires que beaucoup oublient et de décoller au niveau de la pratique de l’anglais.

Je partais en ayant bien défini nos premiers mois sur place. 2 mois dans le Yukon, 2 mois dans les TNO et ensuite, cap sur Vancouver. EA-SY. Sauf que, la réalité a été toute autre et que ces imprévus m’ont permis de tirer un premier bilan : 6 mois au Canada, retour.

On en vécu des choses

Si nous n’avions pas pris la décision de tout plaquer en France pour vivre dans le Nord canadien, jamais (j’en suis quasi sûre) de tout ça n’aurait pu arriver : conduire jusque l’Alaska – être éblouis par ces gigantesques montagnes enneigées – marcher sur un lac glacé – conduire sur un lac enneigé – observer nos première aurores boréales – passer nos journées dans un château de glace – décider de randonner par -25pêcher sur glace – vivre notre soirée Dene – s’amuser en Skidoo – faire nos bbq par 8° – choper nos premiers coups de soleil sous 5° – galérer avec nos Sorel – manger notre premier morceau de Caribou et d’Elan – voir nos plus beaux ciels étoilés – supporter les -35 – patiner sur un lac glacé – ne plus parler anglais comme une vache espagnole – vivre l’arrivée d’une course de chiens de traineaux…

Jeep à Yellowknife

pêche sur glace à Yellowknife

Haines en Alaska

hélicoptere à Whitehorse dans le Yukon

ferry pour l'Alaska

Depuis 6 mois nous avons fait de magnifiques rencontres qu’elles soient canadiennes ou pas. A plus de 7 000kms de famille et amis, il était bon de pouvoir se réchauffer le cœur, de pleurer de rire ou de comparer nos différences. Avant de partir, nous nous étions dit « on évite les français ! » et puis finalement, crois-moi que quand tu en rencontres un ou deux, ou trois et que chacun commence à raconter son expérience, que chacun y va de bon cœur pour parler de ses expériences vécues, ça fait du bien de se retrouver entre frenchies. Tu rigoles pour les mêmes choses et surtout, tu ne te sens pas/plus comme un demeuré au milieu de ce nouveau pays que tu apprivoises chaque jour.

Et nous dans tout ça ? Ces 6 mois H24 ensemble n’ont fait que renforcer ce que l’on était déjà. Je ne lui ai pas encore tordu le coup et il ne m’a pas encore dit de rentrer chez ma mère. Alors oui, on doute mais on se rassure, on se réconforte, on se soutient et plus que tout, on sait que nous avons fait le bon choix de partir.

Travail vs Réalité

Le travail : ce qui me déstabilise le plus depuis que je suis arrivée et pour lui, ce qui n’aurait jamais certainement pu se produire en France.

Ce qui est frappant en France c’est toute la communication et le MarketingPower autour du Canada et plus particulièrement autour de l’emploi au Canada. Des tonnes et des tonnes de salons sont organisés pour promouvoir l’emploi au Canada, des affiches dans le métro parisien interpellent avec pour slogan « on vous attend ! », les personnes présentent sur les salons savent à merveille vendre du rêve et arrivent presque aisément à berner l’interlocuteur.

En arrivant ici je savais très bien que le Canada n’est pas un eldorado et que clairement, il ne nous attend pas, nous petit français. Par contre, ce qui m’a le plus frappé c’est la façon dont les candidatures sont traitées et comment les « professionnels RH » ou managers peuvent se comporter. Je ne compte plus les lapins que j’ai eus alors que l’entretien était prévu. Je reste encore sous « le choc » de ce Directeur qui n’a pas eu la politesse et la décence d’échanger avec moi alors que je venais pour lui et qu’il était prévu que l’on se rencontre. Je ne compte plus les messages Linkedin où la personne commence à échanger avec toi et puis, du jour au lendemain plus de son ni d’image malgré les relances et malgré le fait que tu vois qu’elle a bien lu ton message… Bref, un tas d’anecdotes (expérimentées dans les TNO et ailleurs au Canada) qui me confirment que trouver un emploi qualifié au Canada est loin d’être facile.

Mon avis est certainement biaisé, étant moi-même professionnelle des RH et ayant eu la chance de ne pas plus galérer que ça en France pour trouver du travail. Il est aussi certainement biaisé du fait de ma situation géographique : les TNO. Ici ce n’est pas vraiment un bassin de l’emploi très actif et si tu me lis et que tu décides de t’établir ici, tu apprendras qu’il y a un système de priorités (je l’expliquerais davantage dans un prochain post). Du coup, en attendant de trouver quelque chose qui me correspond plus, je travaille dans un magasin de sport. L’équipe est top, tout comme la clientèle.

Mais, je peux vous assurer que l’inverse est également vrai. Que quand tu lis des retours d’expériences sur la facilité de trouver un job et de la confiance qui est accordée au Canada, et bien… C’est la vérité. Mr Angélique-Trips en fait l’expérimentation depuis 4 mois. Il est parti au Canada avec, en poche, un congé sabbatique d’un an et avec pour projet de réussir sa reconversion professionnelle en devenant coach sportif. Pari réussi à Yellowknife. Hasard de la vie ou pas (je crois plus aux rendez-vous ☺), en arrivant dans la capitale des TNO, une annonce tombe, il rencontre le patron qui observe ses entraînements, lui fait confiance en lui confiant 1, 2 puis 3 classes pour finir en full-time. Les membres l’adorent, son patron le forme, un diplôme en tête et on parle même de gérance…

Alors oui, réussir au Canada est possible. La confiance est bien là, l’évolution rapide aussi. Accroches-toi tout de même et prépares-toi à devoir affronter tout un tas d’obstacles pour décrocher le job de tes rêves.

Le Yukon au Canada

Canadien : are you really an avocado ?

Je crois que je suis partagée sur la question.

Avant de m’envoler pour le pays de la Poutine, j’ai rencontré une canadienne qui vit en France depuis une vingtaine d’années. On discutait et tout d’un coup, elle me dit « je vais t’imager le français vs le canadien : le français, ressemble à une noix de coco. C’est très dur de percer la noix de coco mais une fois que tu y arrives, tout est fluide à l’intérieur ; en revanche, le canadien c’est plutôt un avocat. C’est très simple de percer un avocat mais à un moment donné, tu es bloqué avec le noyau ». Avec recul, je suis plutôt en phase avec ce qu’elle m’avait raconté 9 mois plus tôt.

Jusqu’ici, le canadien est avenant, il répond facilement quand tu l’interroges, te sourit, te dit même « bonjour » quand tu le croises dans la rue, si tu lui demandes de l’aide il répondra présent mais ça s’arrête-là. C’est plutôt « difficile » de nouer des liens amicaux. J’ai beau échanger avec les mêmes personnes depuis des mois, leur proposer d’aller boire un verre ou autre, il n’y a pas de vraiment de retour en face. Je discutais avec des français établis ici depuis plusieurs années et ils partagent cet avis.

Mon avis est général et bien sûr j’ai rencontré des personnes formidables dont eux, de Terre-Neuve et Labrador. D’ailleurs vous savez quoi ? On s’envole ensemble à Hawaï en janvier prochain ☺ .

amis Canada à Yellowknife

 

6 mois. Déjà. Je ne réalise toujours pas. Parfois, dans mes moments les plus bas je repense à tout ce que l’on a déjà pu vivre, faire ou tout ceux que l’on a pu rencontrer. Sans cette expérience, rien de tout cela n’aurait pu arriver. Je ne regrette pas. J’ai hâte de découvrir ce que les prochains 18 mois nous réservent.

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