eau bouillante dans le froid glacial

Au moment où j’écris cet article deux mois viennent de s’écouler depuis mon arrivée au Canada. Deux mois qui sont passés à la vitesse de l’éclair. Deux mois de regrets.

Le Yukon : une destination qui me paraissait bien lointaine et surtout inaccessible. Je t’avoue que je ne connaissais encore rien à ce territoire il y a quelques mois. Je l’ai connu en parcourant les posts des différents groupes Facebook dédiés au Canada et les blogs de PVTistes. Ils étaient tous unanimes : y aller au moins une fois dans sa vie. Pourquoi ? Pour ses grands espaces, pour être confronté aux températures bien-bien-bien négatives de l’hiver, rencontrer sur la route un bison et surtout profiter de la nature à l’état pur, brut et sauvage que te réserve ce territoire du Nord. Je regrette d’avoir pensé que ça n’était que des euphémismes.

Le Yukon est situé au Nord-Ouest du Canada avec pour territoires voisins, les Territoires-du-Nord-Ouest, la Colombie Britannique et l’Alaska : rien qu’ça ! C’est un peu plus de 35 000 habitants pour 482 443 km2. Sa capitale est Whitehorse.

1er janvier 2018 : je pose mes valises à Whitehorse et plus précisément dans le quartier de Wolf Creek. Comme tu le sais, pendant ces deux mois j’ai fait du bénévolat : me voilà « house-sitter » pendant que mes hôtes se dorent la pilule en Jordanie (on était fait pour se rencontrer). Le boulot n’était pas bien compliqué : s’occuper des animaux, entretenir la maison et ses 3 hectares et profiter du « hot-tub ». Autant te dire que j’ai eu pas mal de temps libre pour sillonner les environs et pour découvrir la ville. Je regrette d’avoir imaginé une cabane au fond du jardin.

couleurs pastel à Whitehorse

Whitehorse

Whitehorse : capitale du Yukon. La première fois que j’y ai mis les pieds j’ai trouvé ça minuscule. Il faut quand même savoir que tu traverses la ville, à pieds, en… 45 minutes. J’ai trouvé qu’il n’y avait aucun charme particulier, aucune cohérence dans l’espace et que la ville était décousue. Et puis, les jours ont passé, j’y ai remis les pieds maintes et maintes fois et là, j’ai appris à mieux la découvrir et apprendre à l’apprécier.

Whitehorse est située en contre-bas de l’Alaska Highway. Avant d’arriver dans le centre ville tu es accueilli par la Yukon River et le S.S Klondiake. Oublie les façades haussmanniennes et laisse-toi emporter par l’architecture digne d’un Lucky Luke.

Pour avoir un premier bon aperçu de Whitehorse, commence la balade par le S.S Klondike : le premier bateau à aubes ayant pénétré la ville. Continue en empruntant le Millenium Trail, tu arriveras à Main Street : c’est ici que la quasi’ totalité de la vie se passe. Tu y trouveras boutiques de vêtements, de souvenirs, libraires, restaurants, cafés et j’en passe. Certainement un des cafés les plus connu : le Baked Café. J’avoue y avoir presque fait mon QG pendant ces deux mois. L’ambiance y est cosy, le fait maison est de rigueur et l’accueil est ultra sympathique. Le café se trouve dans un mini « mall ». Pas très loin, j’ai pu prendre le lunch au Burnt & Toast: un délice. En continuant ta visite, tu trouveras dans plusieurs rues du street-art, tous différents les uns des autres. Tu tomberas nez-à-nez avec le cinéma et avec une zone commerciale.

A Whitehorse il ne faut pas s’arrêter aux façades qui franchement, il faut se le dire, ne donnent pas toujours envie… N’hésite pas à pousser les portes car tu tombes sur de belles surprises. Ça a été le cas pour moi avec le Giorgio’s Cuccina, un restaurant à la devanture banale-quelconque voire « cheap » mais avec un intérieur complètement différent et surtout une cuisine à te faire tomber par terre. Pour les curieux, il se trouve au 206 Jarvis St.

Pour en apprendre davantage sur le Yukon et/ou sur la ville de Whitehorse, plusieurs musées sont en ville dont le musée MacBride. Il est loin d’être ennuyant et surtout tu comprends un peu mieux la vie d’ici et son histoire. En clair : ultra enrichissant.

Pour profiter de sources chaudes pas très loin de Whitehorse, rends-toi à la Takhini Hot Springs : complètement différente de celles de Budapest mais avec un charme bien à elles. Beaucoup plus brutes et naturelles que celles de la capitale hongroise.

Je regrette d’avoir pensé que j’allais m’y ennuyer.


devanture d'un bar à Whitehorse

street art dans le Yukon à Whitehorse

street art à Whitehorse

Musée Macbride à Whitehorse

Pendant que j’étais à Whitehorse j’ai pu assister à la YukonQuest.

La Yukon Quest est la plus grande course de chiens de traineaux (1000 miles – 1600kms) qui relie l’Alaska et le Canada. Des mushers américains, canadiens et même européens s’affrontent pour la remporter. Cette édition 2018 reliait Fairbanks à Whitehorse (chaque année, la ville de départ et d’arrivée change). Le vainqueur de cette 35ème édition est Allen Moore. Malheureusement je n’ai pas pu assister à son arrivée mais j’étais là pour celle de Dave Dalton, arrivé en 10ème position.

C’était intense d’être présente pour l’arrivée d’un musher. La quasi totalité des supporters n’arrêtaient pas d’actualiser leur page Internet pour voir où en était Dave (oui, grâce à un « Live Tracking », tu peux suivre en temps réel la position du musher. Pas toujours fiable mais ça te donne une bonne idée 😉 ).

Les chiens finissent pas franchir la ligne d’arrivée. C’est juste incroyable d’imaginer ce qu’ils ont traversés et c’était magique d’être présente pour les accueillir (j’en ai lâché ma petit larme).

Yukon Quest de Whitehorse

musher Dave à la Yukon Quest

 

Vous avez dit « randonné » ?

Au Yukon une des principales activités, été comme hier, est la randonnée. Autant te dire que je m’y suis donnée à cœur joie pendant ces deux mois. Parfois difficilement (merci les -30) mais j’ai adoré arpenter ces trails. Du côté de Whitehorse il n’y en a pas loin d’une vingtaine, si ce n’est plus, pour te dire ! Par ici, mes randonnées coup de cœur à faire à Whitehorse et dans ses environs. Je regrette de ne pas m’être plus préparée.

Whitehorse randonnée

Trip : Alaska, Dawson city ou la Colombie-Britannique ?

Depuis Whitehorse tu peux faire de nombreux trips de quelques jours. Que ce soit te rendre en Alaska, monter jusque Dawson et continuer sur la Dempster Highway ou alors partir en Colombie-Britannique. Moi, j’ai eu envie d’avoir entre les mains mes premiers $US : l’Alaska, j’y suis allée !

Soyons honnête, n’ayant pas eu beaucoup de temps devant moi, je me suis concentrée sur la boucle : Skagway – Haines – Haines Junction: la Boucle d’Or. Crois-moi, ces 600 kilomètres ont été MAGIQUES. Sortir de Whitehorse, découvrir une autre partie du Yukon et avoir une mise en bouche de l’Alaska : merci le Yukon. Je te dis tout sur ces 5 jours, ici. Je regrette de n’avoir eu que 5 petits jours.

 

En nous envolant pour le Canada avec Mr Angélique-Trips on avait envie d’une déconnexion totale. En misant sur le Yukon, ça a été un pari réussi.

Ce qui m’a fait m’y sentir bien c’est la gentillesse des locaux et le fait d’être complètement dépaysée de ma vie dans les Hauts-de-France. J’ai aimé pouvoir tisser des liens avec ce patron de café ou avec celui de cette boutique, J’ai aimé me lever tous les matins et prendre mon petit déjeuner devant cette montagne enneigée, j’ai aimé arpenter tous ces chemins.

Une adaptation ultra rapide aux -25 quasi’ quotidiens et à la tranquillité du territoire. Ici j’ai vécu mes premières fois : marcher sur un lac gelé et enneigé, pêcher sur un lac gelé et enneigé, voir ma première aurore boréale, manger du moose et du caribou, grimper des sommets et approcher au plus près des glaciers.

Je regrette de les avoir laissé me faire douter. Je regrette que beaucoup aient de fausses idées (remarque : gardez-les. Et ne venez jamais !). Je regrette de ne pas avoir encore plus profité.

Merci Whitehorse, Merci le Yukon. Je reviendrais.

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