West Vancouver

J’écris cet article exactement un an après notre départ au Canada. Mr Angélique-Trips et moi allions nous envoler pour l’aventure mais surtout pour l’aventure d’une vie (de notre vie). Il y a un an j’étais loin (même très loin) de m’imaginer ce que 2018 allait me réserver. Ce que partir vivre à l’étranger voulait exactement dire et plus précisément, tout ce que ça représenterait, tout ce que ça changerait. Un an au Canada : mon bilan.

Tout plaquer et repartir à 0

Forcément partir vivre à l’étranger veut dire « tout plaquer et repartir à 0 ».

Repartir à 0 ça veut dire : te familiariser avec une autre culture, une autre langue, un système administratif différent et un environnement de travail différent. Repartir à 0 ça veut dire « accepter de faire des efforts », repartir tout en bas de l’échelle comme accepter des jobs que tu n’aurais pas forcément fait dans ton pays d’origine. Ça veut aussi dire accepter de prendre ton vélo ou marcher des heures sous vent, pluie et neige alors qu’en France ça t’aurait semblé inconcevable. Repartir à 0 ça veut dire sortir de sa zone de confort et surtout se demander « Mais bordel ! Qu’est-ce que je fous là ! ».

Et puis, avec le temps, ces rues ou ce système qui quelques mois auparavant te paraissaient complètement étrangers, deviennent tes nouvelles habitudes.

Repartir à 0 ça veut aussi dire se créer de nouveaux repères et se redécouvrir ou plutôt se découvrir.

Se redécouvrir ou plutôt, se découvrir

Les effets ont fait leur apparition petit à petit. Petit à petit je me suis vue changer. Changer ma façon de penser ou de faire. Changer ma vision sur les choses. Avoir un esprit encore plus ouvert. Me laisser guider par ce que je ressentais vraiment et moins par ce que la Société voulait me dicter.

Et vous savez quoi ? Je l’ai surtout vu depuis mon retour en France. Je me surprends, en plein diner avec des amis ou famille, à ne plus forcément être en phase avec ce qu’ils peuvent dire ou penser. Parfois, je ne comprends plus trop le comportement de certains. Je n’ai plus (ou plutôt « moins ») de scrupule à dire ce que je pense réellement et plus que tout : le regard des autres m’importe peu.  

Ce changement, je le dois à toutes ces expériences que j’ai eu la chance de vivre durant cette année 2018.

Finalement, on n’est pas si mal chez nous

Je suis rentrée en France début décembre pour passer un bon mois auprès de mes proches et de mes amis et à chaque cette même question « Alors : c’est comment là-bas ? Vous les faites ces papiers de Résidence Permanente ? ». Et à chaque fois, la même réponse : « Là-bas c’est les grands espaces, c’est un pays qui ne connaît pas les mêmes problématiques que chez nous alors oui on s’y sent bien, oui il y fait bon vivre, oui ça a un côté cool de vivre dans l’Ouest, oui professionnellement on te fait rapidement confiance mais ». Parce que oui, après un an là-bas il y a un « mais ».

Mais… Les distances entre un point A et un point B sont vites relou. Les 15 jours de vacances/an voire 3 semaines (si tu es chanceux) pèsent beaucoup dans la balance quand tu es habitué à te faire des longs week-ends et à voyager un peu partout. Voyager depuis le Canada te coûte une blinde quand tu as gouté à nos moyens européens. Prier pour ne pas avoir une rage de dent ou ne pas te casser un bras, n’est pas mon crédo. La mentalité canadienne ne m’ira qu’un temps. Devenir propriétaire n’est pas des plus simples.

Alors pour l’ensemble de ces raisons (et d’autres) non, aujourd’hui la Résidence Permanente ne me tente pas (ne nous tente pas). Cette expérience aura rendu ma France et mon Europe pas si mal que ça. Je ne dis pas non à la Mobilité Francophone mais la Résidence Permanente je n’en suis pas si sûre. Affaire à suivre car les choses changent rapidement du côté d’Angélique-Trips (ça doit être mon côté « balance » ;-)).

L’aimer encore plus fort

Ce PVT on le fait à deux. Un pari (un peu fou) que l’on a pris tous les deux. Un renouveau. Une nouvelle expérience. De nouveaux souvenirs que l’on se créé à deux. Avant de partir, j’avais lu des témoignages de couples ou personnes étant parties en couple et pour toutes, l’avis était « ça passe ou ça casse ». Pour nous, après un an on peut dire que « ça passe ». Je ne le remercierai jamais assez d’avoir été mon pilier dans mes moments les plus bas, de m’avoir laissé ma liberté quand j’en avais besoin et de m’avoir permis de me réaliser. Une chose est sûre, grâce à cette expérience je l’aime encore plus (oui, c’est un genre de déclaration).

Voilà tout ce que ça peut représenter de partir vivre à l’étranger. A aujourd’hui je ne ressens pas « l’isolement culturel » que j’ai pu lire dans un article récemment. Peut-être que je le ressentirai l’an prochain ou si l’on décide de rester un peu plus longtemps. Mais en tout cas, plus que tout, je suis heureuse de vivre cette expérience. Encore une année sûr à vivre tout là-bas et j’ai hâte qu’elle commence !


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